Devenir influenceur Instagram grâce à Sofya Yokoyama

Avec son milliard d’utilisateurs, dont la moitié se connectent au moins une fois par jour, Instagram est le média social possédant la plus forte croissance (en moyenne 100 millions de nouveaux utilisateurs par an depuis 2014). C’est donc naturellement que la plupart des marques et communicateurs s’y intéressent. Cette opportunité n’est cependant pas sans risque, car les codes de ce nouvel El Dorado varient sensiblement de ceux de LinkedIn ou Facebook.

Qui donc de mieux placée pour nous conseiller qu’une influenceuse faisant partie des first movers sur ce nouveau média ?

Entre compétitions de grimpe et cours de sciences criminelles à l’Université de Lausanne, Sofya Yokoyama n’a pas le temps de s’ennuyer. Pourtant, cette championne suisse Élites de bloc trouve encore du temps à allouer à sa troisième occupation : Instagram. Présente sur ce réseau depuis 2013, Sofya cumule aujourd’hui plus de 32’000 abonnés, ce qui fait d’elle l’une des plus grandes influenceuses sportives de Suisse romande.

Pour vous, voici ses conseils !

 

Tes carrières universitaire et sportive nécessitent déjà une grande implication. Pourquoi y ajouter Instagram ?

Cela a débuté quand je commençais à progresser. Je participais aux coupes d’Europe et coupe du Monde avec l’équipe suisse. Avec cette progression est venue l’envie de partager, de montrer aux autres ce sport qui me plaisait de plus en plus. C’est cette progression dans mon sport qui m’a donné envie de devenir publique.

Comment as-tu fait pour gagner tes 500 premiers followers ? Les 1’000 premiers? Les 2’000 premiers?

Au début c’était vraiment lent. Cela m’a pris je ne sais combien de temps pour atteindre les 1’000 premiers. Après avoir atteint ce seuil, en une année j’en ai eu 10’000. J’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Le déclic a été une rencontre avec des youtubers suédois qui avaient une communauté de 60’000 personnes. Ils avaient prévu de tourner avec un ami dans une salle à Paris. J’étais là par hasard et ils m’ont inclue sur la vidéo. Cela a bien marché et on en a refait plus tard. C’est cela qui a boosté mon compte Instagram. Le networking c’est vraiment la clé pour booster sa page. Je n’en fais pas de façon active car mon objectif est vraiment les Jeux Olympique de Tokyo 2020. C’est vraiment là-dessus que je me concentre. Si je voulais plus de succès sur Instagram, j’irais demander à d’autres influenceurs de faire des featurings.

Ensuite il faut être bon. Si les vidéos ne sont pas impressionnantes ou intéressantes c’est mort. Si tu veux vraiment bien réussir il faut poster tout le temps. Des trucs intéressants ou impressionnants.

Finalement, pour percer sur les réseaux sociaux, il faut également être actif hors ligne. Le plus facile c’est d’intégrer une vraie communauté existante. Depuis que je suis devenue championne suisse, les magazines viennent également me demander des interviews. Cette présence en dehors de médias sociaux a grandement aidé à m’amener de nouveaux followers.

 

Tu as une grande communauté et celle-ci est particulièrement engagée. Tes followers sont très actifs, de vrais fans. Comment y es-tu parvenue ?

C’est vrai que je vois parfois des influenceurs avec 60’000 ou 100’000 followers mais qui ont des nombres de likes beaucoup plus bas que ce à quoi on pourrait s’attendre. Avec ma base de followers beaucoup plus basse, j’ai les mêmes résultats qu’eux. Je pense que c’est surtout dû au côté impressionnant de la grimpe.

J’utilise aussi beaucoup de hashtags liés à la communauté grimpe : des trends, des associations, des sponsors, etc. Je les mets à chaque fois pour lier mon compte à cette communauté qui est déjà existante. Tous les gens qui suivent “#climbing” ou “#escalade” vont voir mes photos et iront peut-être consulter ma page. Ou pas. Mais les hashtags restent le meilleur moyen de s’étendre dans une communauté, cela doit devenir une habitude.

Tu publies également beaucoup de stories. C’est la même réflexion ?

Ma page est orientée uniquement sur la grimpe et dans mes stories je peux montrer un peu plus ma vie. Par exemple mes photos de vacances ne méritent peut-être pas d’être sur ma page, mais certaines sont très belles ou drôles et elles peuvent faire de chouettes stories. Ce n’est pas pour cela que les gens viennent voir ma page, mais ils apprécient d’avoir un aperçu de mon quotidien. Je cherche vraiment à créer quelque chose de personnel, pas un compte qui pourrait être géré par quelqu’un d’autre ou un robot.

Quels seraient tes trois conseils pour une communication Instagram réussie ?

Il faut publier constamment. Peut-être pas deux fois par jour, mais tous les jours c’est bien. Tes followers doivent voir qu’il se passe des choses. C’est surtout important au début, pour se faire repérer. Ensuite c’est possible de diminuer la fréquence, mais tout en restant constant.

L’heure à laquelle on publie est également importante. Cela varie beaucoup. Pour certain, 8h le soir sera le meilleur moment, alors que pour d’autres ce sera 9h le matin. Cela dépend du contenu et de l’audience. Instagram c’est de la photo, il n’y a pas de barrière de langue. Ton public peut donc être composé d’américains, de japonais, etc. Ils ne vivent pas à la même heure que nous et il faut le prendre en compte.

Ce qui marche très bien aussi c’est d’approcher d’autres personnes qui ont les mêmes goûts. Comme cela tu peux lancer des projets entre plusieurs comptes Instagram. Cela permet de créer un dialogue et s’envoyer des followers : “Allez voir son compte!” et ensuite “La suite sur son compte”, etc.

Il faut penser aussi à des choses qui attirent les gens. Les photos de la séance shopping ou du café sont très jolies, mais c’est banal. Tout le monde peut les faire. Il faut essayer de trouver ce truc différent qui te fait ressortir de la masse.

Un dernier conseil ?

Fais ce qui te fait plaisir. Approprie-toi ton compte. Il faut que tes posts te ressemblent. Cela ne sert à rien de poster pour les autres si cela ne te plaît pas. J’essaie de faire en sorte que mes profils me ressemblent le plus possible. Il faut être spontané et rester authentique. Ce que je pense je l’écris directement. C’est moi, simplement.

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À retenir :

À la différence de Facebook et LinkedIn, il est impossible d’ajouter des amis ou contacts professionnels sur Instagram (à moins d’en acheter sur d’obscures services en ligne). Il faut donc attirer son audience avec du contenu percutant, puis lui donner des raisons de rester afin de la fidéliser.

Sofya en a tout à fait compris les ficelles. Elle a tout d’abord affiné son discours en définissant un fil rouge solide auquel elle ne déroge pas. Le caractère authentique et spontané de sa communication lui permet de mettre en lumière sa personnalité et ainsi se distinguer de ses concurrents. Finalement, elle ne lésine pas sur les actions hors ligne afin d’alimenter le compte en contenu exclusif.

Avoir du contenu de qualité est un bon premier pas, mais il en faut plus pour devenir influenceur. Dans les termes de Sofya, il faut faire du “networking”. La façon la plus évidente de toucher de nouvelles communautés est de créer des associations avec d’autres influenceurs. Ces actions sont cependant difficiles à mettre en place, car elles nécessitent de la préparation et il faut que la collaboration fasse sens aux yeux de l’audience. Un autre outil dont elle se sert pour atteindre cet effet de réseau, moins spectaculaire mais facile à mettre en place, est l’utilisation de hashtags pertinents.

Là où Sofya excelle, c’est dans sa façon d’interagir fortement avec son audience. Si l’engagement de sa communauté est si élevé, c’est bel et bien grâce à la multitude de contacts quotidiens que Sofya entretient via ses stories, messages et autres commentaires. Elle peut ainsi avoir une communication personnalisée et une bien meilleure compréhension des attentes de ses abonnés.

La recette de son succès en trois mots : cohérence, networking et personnalisation

 

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