Faites décoller vos projets avec Raphaël Domjan

Le premier tour du monde à l’énergie solaire, c’est sur la mer qu’il se réalise. En 2010, Raphaël Domjan prend la barre du MS Tûranor PlanetSolar pour se lancer dans un périple qui s’achève le 4 mai 2012, après 585 jours de navigation! Raphaël conclut ainsi le premier tour du monde propulsé à 100% par l’énergie photovoltaïque.

Loin de s’en satisfaire, Raphaël poursuit toujours le même objectif : démontrer le potentiel des énergies renouvelables. Toujours plus loin, toujours plus haut, Raphaël poursuit son objectif : montrer au monde le potentiel des énergies renouvelables. Son nouveau défi? Réaliser le rêve d’Icare en allant dans la stratosphère sans énergie fossile. Cette mission, nommée SolarStratos, aboutira d’ici deux ans, en 2020.

J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer cet éco-aventurier aguerri en mars 2018 et j’aimerais vous partager quelques uns de ses conseils.

 

Comment es-tu devenu l’ambassadeur du projet PlanetSolar?

J’avais pu observer que dans tous les grands projets qui fonctionnent et qui ont de la visibilité, il y a toujours une personne qui est mise de l’avant. Tu prends l’équipe Cousteau: c’est l’équipe de Monsieur Cousteau. On ne connaît pas ceux qui sont derrière. Le premier homme sur la lune, c’est Neil Armstrong. C’est lui que tout le monde connait, même s’il y avait 400’000 personnes derrière. Elon Musk fait des choses incroyables, mais ce n’est pas lui qui construit les fusées et ce n’est pas lui qui crée les voitures. J’ai toujours pensé que c’est important en terme de stratégie d’avoir une personne mise en avant. C’est important pour trouver le financement mais aussi pour avoir de l’impact auprès du public.

J’ai toujours pensé qu’il nous fallait une figure de proue.

C’est un truc qui s’est fait de manière plutôt intuitive qu’académique. Ce n’est pas à l’école qu’on apprend à trouver un sponsor. Maintenant tout évolue, tout est en train de changer. Les directeurs marketing classiques sont tous dépassés. Les écoles enseignent des choses qui ne sont plus forcément utiles. On est dans un monde qui évolue tellement vite que les règles d’il y a 10 ans ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui.

 

Tu apparais dans les médias comme quelqu’un d’extrêmement sympathique, optimiste, plein d’énergie. Comment as-tu réussi à ta façonner cette image ?

Tout d’abord je suis vraiment comme ça, alors c’est assez naturel. Mais après, avec les médias, il faut vraiment essayer de rester modeste, garder le même profil et ne pas raconter n’importe quoi. Avoir une personnalite c’est important, mais il faut savoir rester dans son rôle.

Comme tu le sais peut-être, on dit que quand tu pars de rien les médias vont d’abord difficilement te faire confiance, après ils vont t’encencer et ensuite ils vont t’achever. Il y a quelques exceptions comme Roger Federer, mais sinon tu retrouves toujours ce schéma.

Ma stratégie c’est de rester modeste, ne pas juger, ne pas jouer au professeur. Ca fait partie de mes valeurs.

Il faut aussi apprendre à avoir du charisme. Tu représentes quand même un projet et ça demande de faire attention à son image. Tu ne vas pas à un événement avec un jeans troué et une polaire qui t’arrive au niveau des genoux. J’ai d’ailleurs déposé la marque Raphaël Domjan.

Le but de rendre ma marque la plus forte possible c’est de soutenir SolarStratos.

Donc au final la marque dont doivent se souvenir les gens c’est “SolarStratos & Raphaël Domjan”.

 

Selon toi, quelles sont les qualités qu’un investisseur doit retrouver chez un entrepreneur pour avoir confiance en son projet ?

Il faut d’abord être dans une démarche sincère. C’est le plus important. Un sponsor va tout d’abord te faire confiance à toi, c’est pour ça qu’il faut être authentique. Si tu es un vendeur de tapis, tu n’as aucune chance. Ensuite il faut savoir en même temps faire rêver la personne que tu as en face de toi et l’embarquer dans ton rêve. C’est une décision humaine, une question de feeling. Une fois que tu as gagné sa confiance et que tu lui as montré que c’est un projet incroyable, il faut finalement lui faire comprendre l’intérêt économique pour son entreprise. Il faut l’écouter, savoir comprendre ce qu’il recherche.

 

Vous avez beaucoup utilisé les médias sociaux pour communiquer au sujet de votre tour du monde. Comment est-ce que tes propres médias sociaux ont été mis à contribution?

De nouveau, c’est très intuitif. J’essaie de faire au moins un post par semaine. J’essaie de faire en sorte que les gens puissent me suivre dans ce qui ne se voit pas autrement. Le but ce n’est pas d’avoir sur Facebook les mêmes informations qu’il y a dans les médias ou sur notre site web. L’idée est de toujours amener un truc différent, pour que les gens aient l’impression qu’ils sont proches de nous et qu’ils font partie de l’aventure.

Ce qui marche, ce n’est pas forcément du contenu exclusif, mais du contenu très authentique.

D’après mon expérience, c’est l’image qui est super importante. Sur les médias sociaux il faut mettre beaucoup de visuel. Il faut être rapide et spontané. Il faut aussi du contenu intéressant, mais que ce soit toujours un peu décalé. Ce qui marche bien pour nous c’est de trouver des moyens dérivés d’amener l’information.

 

Un dernier conseil pour les gens qui vont lire cet article?

On m’avait donné ce conseil quand j’étais à la recherche de sponsors pour PlanetSolar:

Il ne faut négliger aucune piste!

Le 24 décembre 2006, peu après qu’on ait lancé PlanetSolar officiellement. On n’avait toujours pas d’argent pour construire le bateau et il nous fallait au moins 10 millions. Il y a un monsieur qui m’a appelé le matin de Noël. Il me donne son nom. Totalement inconnu sur internet. Il n’existait pas. On se donne rendez-vous au McDonald’s. On se retrouve et je lui propose de manger un morceau. Je nous prends un happy meal, un truc pas trop cher. On a discuté, il m’a posé des questions et je me suis dit que ça ne servait strictement à rien. Mais j’y suis quand même allé avec passion. J’ai été honnête. J’ai essayé. Il se trouve que c’était le bras droit de l’industriel allemand passionné d’énergie solaire qui a financé le bateau. Son patron lui avait dit “tu vas voir Raphaël avant la fin de l’année” et il était à la der des ders. Alors il a fait Darmstadt-Yverdon pour manger un happy meal. Quand j’ai su ça, je me suis dit que j’avais fait une sacré boulette. En même temps, je suis resté authentique et je lui ai parlé avec passion. C’est ça qui a fait la réussite du projet. Si tu veux faire quelque chose qui est plus grand que ce que tu peux réaliser, il ne faut jamais négliger une piste.

Vous en voulez plus ? Nous avions eu la chance d’interroger Bertrand Piccard sur son rôle au sein de Solar Impulse, le premier tour du monde en avion solaire. Lui aussi nous avait partagé quelques conseils que vous retrouverez en suivant ce lien.

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